Traduction: Madany Guesseri
Avant que l’idée ne se heurte à la terre,
Avant que ne s’exhale l’odeur de la vase.
Je me suis promené au marché des calomnies,
Portant ma perte,
Me donnant la mort.
Je suis Adam et Eve,
Je suis aussi Cain et Abel
Descendant du péché originel
Et de l’union de l’iris avec la famille des exquis.
Je suis peut-être là, ou là-bas,
Je suis peut-être dans la sève d’un pin ou d’un cèdre.
Je suis peut-être une plume dans l’aile d’un corbeau,
Ou une particule enterrée dans les cendres d’un gisement de charbon chinois
Je suis peut-être une portion d’un fruit africain, ou d’un tronc d’arbre au Panana.
Je suis peut-être une obscurité qui enveloppe le Pole Nord
Ou peut-être un jour qui s’élève sur l’océan pacifique.
Je suis peut-être de la lignée mongole
Ou le descendant d’un tueur romain.
Oui, je suis peut-être d’une famille juive
Ou d’une famille bouddhique
Ou un rebut des peaux rouges
Ou une trace d’un Prêtre indien.
Qui croirait que les larmes aux yeux n’ont point changé,
Et que le vent d’automne ne traverse pas toutes les journées de l’année
Qui prouverait que la terre du cimetière n’a point habité les nuages de l’hiver du siècle ayant précédé la naissance de Socrate ?
Qui croirait que la chaleur qui a cuit le corps du pharaon Tahutmus n’est pas bien celle qui gate le visage de ma petite fille ?
J’appartiens peut-être à beaucoup de nations, et à tant d’hommes
J’ai peut-être des grands-mères russes et des tantes espagnoles.
Je suis certain que les eaux primordiales tournent entre cours d’eau et désirs charnels,
Je suis sur que ma langue n’est pas mon corps,
Que le son des oiseaux n’est pas étranger au mouvement du vent et de la pluie
Je ne suis pas l’Aujourd’hui,
Je ne suis pas le Demain.
J’ai été peut-être un oiseau au temps des perses
Ou une Croix au temps de Constantin
Ou un glaive aux mains de Saladin
Qui me dirait qui je suis ?
Mon cœur est rempli de palpitation universelle
Mes pas m’acheminent à la demeure du feu primordial
Je ne suis point capable d’injurier l’étoile de Mars
Je n’ai point envie de désapprouver la trajectoire de l’étoile du Valentin
Je n’insiste point pour arrêter le souffle magnétique sur les ossements des ancêtres
Je porte en moi un éclat de l’arme du dieu Mars
Une lueur du feu de Prométhée
Je porte de versets de Coran
Des Psaumes de David
Des cantiques de Paule
Des chants sacres de Bouddha
Des paroles de Bahaâ
Je ne connais point le levant du zodiaque, ni le coucher de la création
J’ai commence à m’habituer à l’étonnement
Et à me transfigurer dans le miroir !!!
Je connais celui qui ne me connaît point,
Mon frère auquel ne me lie aucun lien, et qui n’a jamais entendu mon nom
Ma sœur est caucasienne
Ma tante est de Grèce
Les Turcs ont peut-être marqué ma voix
La mer a peut-être raffiné ma sauvagerie
J’ai peut-être donné naissance à un cultivateur français
Ou à un imposteur politicien en Italie.
Je suis peut-être venu du sol de Los Angeles
Ou de la terre d’Athènes
Qui connaît l’histoire de mon corps avant deux mille ans ?
Qui possède l’œuf du rock (1) dans sa main
Qui me dirait qui je suis ?
Je ne suis peut-être pas moi,
Je ne suis peut-être pas toi,
Je suis peut-être là, ou là-bas.
Tu viens peut-être de moi, et moi du sol de Mars
Je ne nie point mon lien avec Zeus
Mais n’avoue point son sang dans mes veines.
Je ne nie point l’authenticité du fleuve, et ne cache point la mer dans ma garde-robe.
Le vent est ma lignée, et la pluie mon adresse.
Musa Hawamdeh
Est-.ce par bienseance
Qu’elles se pressent avec agencement,
Ou bien est-ce par crainte
Des fantassins de Salomon?
Elles me dessinnent la discipline
Mais m’embelissent l’anarchie
Quelle fonction reflechie
Pour une vie sous les talons!
Je peux chaque jour
Tuer mille fourmis
Un chimiste en detruirait
Jusqu'à l’infini.
Mais qui songerait
A de telles banalites?
D’une certaine fourmi
L’empereur apprit
Qu’il n’ya point d’absurdite,
Mais il mourut exile
Sans qu’aucune fourni
N’en soit inquietee!
Pourtant enchantees
Par cette banalite
Elles ne quittent point
Leurs rangs bien alignes
Un lion songerait-il
A tuer une fourmi?
Point de Conseil de deputes
Nulle quatrieme autorite
Ni de partis autorises,
Seule la loi
Dument crucifiee.
Qui aimerait bien s’inspirer
De ces incultes fourmis
Qui n’ont point appris
La genese de la perfidie?
Si les fourmis etaient des vaches
La terre aurait bien peri
Dans la marre de l’ecurie
Si elles etaient des elephants
La cohue de leur trompes
Aurait fait pleurer les oceans.
Une seule fourmi
Osa quitter les rangees
Mais nul n’entendait
Lui dresser le gibet.
Le male des fourmis
A bien droit
A la polygamien s’il est musulman
Mais il aime bien aussi
Porter la Croix
Pour construire ses toits.
Si les fourmis
Etaient sans affinites
Nous aurions bien senti
Le bruit de leur sensualite.
Une seule fourmi,
Pressee sous un verre renverse
Fit tant ebranler
La table bien dressee.
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